
Question :
Ma question concerne les règles à observer dans les conversations impliquant des frères et des sœurs (en Islam) et je voudrais un éclairage. Nous est-il permis de saluer les sœurs (musulmanes) qui ne sont pas nos parentes et leur adresser la parole comme nous le faisons avec des frères musulmans ? Existe-t-il un temps limité pour la conversation ? Que faut-il faire de la cousine paternelle ou maternelle ? Est-il permis de les saluer, de leur parler pour les interroger sur leur état ? Qu’en est-il du mariage ? J’espère que vous m’indiquerez le hadith...
Réponse :
Louange à Allah
Les juristes musulmans affirment en substance que la voix de la femme n’est pas awra (honteuse) en elle-même et qu’il n’est pas interdit de l’écouter ou de la faire écouter en cas de besoin. Mais tout cela doit obéir aux conditions suivantes :
- la voix ne doit pas être embellie ni adoucie ni manipulée ni trop élevée. Il est même interdit aux hommes de l’écouter si elle leur procure un plaisir qui fait craindre la tentation.
La parole décisive à propos de ce qu’il est interdit à la femme en matière de manière de parler et de maniement de la voix est contenue dans ce verset : « Ô femmes du Prophète! Vous n'êtes comparables à aucune autre femme. Si vous êtes pieuses, ne soyez pas trop complaisantes dans votre langage, afin que celui dont le cœur est malade (l'hypocrite) ne vous convoite pas. Et tenez un langage décent.» (Coran, 33 : 33).
Ce qui est à craindre c’est l’usage d’un langage laxiste, car la femme doit bien parler. Pour les exégètes, cela signifie qu’elle ne doit pas manier les propos qu’elle adresse aux hommes et doit éviter de les adoucir. En somme, ce qui est demandé à la femme musulmane qui s’adresse à un homme étranger c’est de se conformer au contenu de ce verset, de s’abstenir de ce qui est répréhensible et d’observer son obligation. En plus, ses propos doivent porter sur un besoin ou sur des choses religieusement légales, bien connues et incontestables. Il ne convient pas qu’il se passe entre la femme et un homme étranger des propos ou des gestes allusifs ou du bavardage ou des plaisanteries car cela peut conduire à un dérapage pouvant exciter des instincts et susciter des soupçons.
Il n’est cependant pas interdit à la femme de parler avec un étranger en cas de besoin et d’autres transactions financières qui requièrent l’échange de propos entre les contractants. En outre, une femme peut interroger un uléma sur une question religieuse, comme un homme peut le faire d’après ce qui s’atteste de façon sûre dans les textes du Coran et de la Sunna.
L’application des critères ci-dessus indiqués lui permet de tenir une conversation avec un homme étranger sans aucun inconvénient. De même, il est permis aux hommes de saluer les femmes et inversement. Mais cela doit se faire d’une manière débarrassée de tout aspect pouvant faire espérer les « malades du cœur » (hypocrites) et pourvu d’être à l’abri de la tentation et de se conformer aux précédents critères.
Si l’on craint que le salut de la femme devienne une source de tentation, l’on peut interdire à la femme de prendre l’initiative de saluer ou de rendre le salut car l’annulation de la tentation par l’abandon du salut revient à écarter le mal. Or il est plus important d’écarter le mal que d’attirer un avantage. Voir al-Mufassal fi ahkam al-mar’a par Abd al-Karim Zaydan, vol. 3. P. 276. Allah le sait mieux.
Islam Q&A
Sheikh Muhammed Salih Al-Munajjid (www.islam-qa.com)
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